CARNETS TRANSCULTURELS DE L'ADFOI

le weblogue de l'ADFOI - Réunion - océan Indien


Mardi 14 décembre 2004

en collaboration avec l'UFR7 de psycho de paris8, le master vient de démarrer. Il s'achèvera avec les soutenances de mémoire en octobre 2006.

30 étudiants ont été sélectionnés. 


Lundi 8 novembre 2004

Ca s'est passé pas loin de chez nous et sur ce coup là, nos autorités ont vraiment été mauvaises : Mamoudzou (Mayotte), le mercredi 3 novembre 2004 – Lorsqu’une femme enceinte ou en post-partum présente des signes neurologiques évocateurs de béribéri sec, on dit qu’elle souffre de « lalavi », en langue shimaorée, parlée par une grande majorité des habitants de l’île de Mayotte, collectivité départementale française, perdue dans l’Océan indien et apparemment quelque peu oubliée des autorités sanitaires de la République.
Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) révèle en effet dans son édition du 2 novembre qu’une « épidémie » meurtrière de Béribéri a sévi sur l’île au printemps dernier. Le premier cas a été rapporté le 4 avril dernier et très rapidement les professionnels de santé ont craint l’existence d’un phénomène de grande ampleur. Les auteurs de l’étude rapportent qu’entre le 4 et le 8 mai un traitement systématique par polyvitaminothérapie orale, puis par thiamine parentérale « a été institué pour tout enfant suspecté de béribéri admis au Centre hospitalier de Mamoudzou (CMH) ». Le 10, l’Institut de veille sanitaire et la Direction générale de la Santé étaient alertés. Cette réaction assez rapide aux événements n’aura cependant pas permis d’éviter une situation dramatique et particulièrement inquiétante sur un territoire français. Parmi les 32 cas de béribéri infantile recensés entre le 4 avril et le 13 juillet, vingt nourrissons sont en effet décédés. Les auteurs notent en outre « qu’un enfant survivant a conservé des séquelles neurologiques graves, consécutives à une anoxie cérébrale prolongée ». Les survivants ont bénéficié d’un traitement par thiamine en urgence et l’un d’entre eux a reçu une thiamninothérapie sur l’île de la Réunion. Pour tenter de définir un peu mieux les raisons qui peuvent expliquer cette flambée d’une affection carentielle que l’on espérait éteinte, les auteurs de l’étude ont interrogé les mères des enfants malades : vingt-et-une ont répondu à leurs questions. Il est apparu qu’une majorité d’entre elles étaient originaires des Comores (18 sur 21). Cependant, « la durée médiane de séjour des femmes originaires des autres îles des Comores était de six ans », précisent les auteurs, ce qui signifie qu’elles auraient dû à tout le moins bénéficier du système de santé français et de la PMI. En outre, « ces enfants représentent près des deux tiers des naissances à Mayotte », selon l’Insee. Pour éviter l’apparition d’autres cas, deux campagnes de distribution de suppléments vitaminiques ont été organisées. La première lancée le 2 juin concernait en priorité les nourrissons de moins de trois mois, tandis que la seconde organisée à partir du 15 juin ciblait les femmes enceintes et allaitantes. Malgré elles, trois cas de béribéri ont été signalés après le lancement de ces campagnes, qui concernaient des enfants n’ayant pas bénéficié de la supplémentation vitaminique.  Rappelons que l’île de Mayotte a opté pour la France lors du référendum d’autodétermination des Comores, le 22 décembre 1974. Une enquête administrative, voire judiciaire, parait s’imposer pour connaître les causes de ce fiasco sanitaire. © Copyright 2004 http://www.jim.fr


Jeudi 6 mai 2004

EXTRAIT DE CASCAVELLE N°12 Janv.-fév. 2004

INSTITUTIONS ET CULTURES

Les enjeux d’une rencontre

Ile de la Réunion- océan Indien

 Nous avions évoqué, l'an dernier, le passionnant colloque de l'Association pour le développement de la formation dans l'océan indien, consacré à « L'avis des morts ». L'Harmattan vient de publier les actes du premier colloque, qui avait eu lieu en 2002 et avait pour thème « Institutions et cultures ». Vaste sujet. Le lecteur ne s'étonnera donc pas de trouver en vrac aussi bien des études à caractère professionnel («Altérité et psychothérapie », « Identité et universalité dans la justice des mineurs ») que des interventions plus en rapport avec le terrain. Il n'est pas nécessaire par exemple de posséder le vocabulaire «psy » pour rembarquer dans les descriptions d'un «traitement comore » (Geneviève Payet) ou des complexes «négociations avec les morts » qui président parfois au traitement des enfants (Jacques Brandibas). Les points forts de cet intéressant recueil sont l'étude très complète sur saint Expédit par Philippe Reignier et la surprenante histoire de Clara, déchirée entre sa grand-mère, « cafrine rouge », son grand-père « yab » et les «devineurs adeptes de Sitarane qui n'ont rien arrangé (Emmanuelle Delossedat). Une plongée inattendue – et impressionnante - dans les replis cachés de la culture réunionnaise. »

 

Jacques Brandibas, Georgius Gruchet, Philippe Reignier. Institutions et cultures, les enjeux d'une rencontre, Paris L'Harmattan, 210 pages. 18.30 € 

 

INSTITUTIONS ET CULTURES

Les enjeux d’une rencontre

 

TABLE DES MATIERES

Roger RAMCHETTY     Ouverture                

Martine DE MAXIMY    Identité et universalité dans la justice des mineurs

Isabel URDAPILETTA  Altérité et psychothérapie. L’île de La Réunion au carrefour des cultures

Alain BLANCHET         La Communication Psychothérapeutique         

Georgius GRUCHET     « C’est un cas pour à côté. » Consultation de thérapie transculturelle à  la Réunion.

Jacques BRANDIBAS    Psychothérapies d’enfants à La Réunion. Une négociation avec les morts ?

Geneviève PAYET         Un « traitement comore»

François NEBRA           Le placement. L’adolescent, sa famille, les ancêtres, la République, le juge et le Bon Dieu… et le psychologue ?

Muriel RODDIER         Entre économie et thérapie interculturelle. Institution

hospitalière et déterminants pour la qualité des soins.

Philippe REIGNIER      Un objet parmi d’autres. Saint Expédit à La Réunion

Rémy BONIFACE         Institution judiciaire et culture

Emmanuèle DELOSSEDAT        Histoire de Clara.  Approche ethnopsychiatrique d'une situation clinique en milieu hospitalier à la Réunion

 

 Commander Institutions et Cultures directement auprès de l'adfoi : 15 €

                                         

 


Dimanche 28 mars 2004
Un article très intéressant et plein d'humour sur les cheveux maillés est paru dans le dernier numéro de Cascavelle. En vente dans toutes les librairies de l'île au prix de 2€. Profitez en. C'est plein de belles photos

Dimanche 5 mars 2006

LA SEMAINE D’INFORMATION SANTE MENTALE

A LA REUNION

DU 13 AU 18 MARS 2006

« Santé mentale dans la cité »

Tous les ans en France, de nombreuses associations, militant dans le champ de la Psychiatrie et de la Santé mentale, organisent une semaine de sensibilisation afin de permettre au grand public de sortir des habituels clichés stigmatisants sur la « folie », des représentations stéréotypées faisant le lit de l’exclusion sociale, et des pratiques sécuritaires et asilaires. 

Cette année encore, les associations réunionnaises de professionnels, de familles et d’usagers participeront à cette manifestation nationale. Les médias et le public seront sans doute pour quelques mois encore, légitimement polarisés sur la lutte contre le chikungunya. Nous devons toutefois rappeler que les troubles psychiques et mentaux touchent de manière récurrente près de 250 000 personnes à la REUNION. Faisons leur donc une petite place dans l’actualité !

ARGUMENTAIRE

Ça peut être vous, moi, un membre de votre famille ou un ami. Tous, nous connaissons un proche qui a présenté ou présente des troubles mentaux. Sa souffrance doit être entendue, prise en charge par son entourage et il doit bénéficier de soins psychiatriques humains et compétents. Des modalités de soins adaptées doivent lui être proposées, en fonction de son problème ou de son handicap. Sa réinsertion doit être favorisée, dans le champ sanitaire, social ou médico-social. Hélas à la REUNION, nous sommes encore - et en dépit de réels efforts des pouvoirs publics au cours des dernières années - dans une situation inquiétante : un service public de psychiatrie dont les moyens sont pour moitié inférieurs à la moyenne nationale, une carence de mille places en médico-social, des difficultés insurmontables d’accès au logement et au travail pour les patients…

A la REUNION comme ailleurs, trop de gens s’imaginent encore que les malades mentaux sont incurables, dangereux et qu’il convient de les enfermer dans des asiles. Nous savons maintenant que tout malade mental peut retrouver un jour sa place dans la société, si celle-ci lui en donne les moyens. Des structures de soins dans la cité, une écoute humaine et personnalisée, le respect des droits fondamentaux de la personne sont indispensables.

Nous serons heureux d’en débattre avec le public et les médias tout au long de cette Semaine d’information, et de vous accueillir au cours des diverses manifestations organisées.

PROGRAMME DE LA SEMAINE

Lundi 13 mars 2006, à 18 h :           

            Conférence au Grand Hôtel des Mascareignes

            Saint-Gilles les Bains (Boucan Canot)

            Thème : « Santé mentale dans la cité :

                                               où en sommes nous à la REUNION ? »

            entrée libre et gratuite

            cette conférence sera suivie d’un cocktail dînatoire ouvert à tous

Mardi 14 mars 2006, de 10 h à 16 h :

                                   Journée porte ouverte

                                   Centre Médico-Psychologique – Hôpital de Jour

                                   95 rue Labourdonnais              tél. : 02 62 21 34 59

                                   Saint-Denis     

Mercredi 15 mars 2006, de 10 h à 16 h

                                   Journée porte ouverte

                                   Hôpital de jour

                                   Lotissement Amandine                         tél. : 02 62 50 38 72

                                   Saint-Benoît

Jeudi 16 mars 2006, de 9 h à 12 h

                                   Journée porte ouverte

                                   Unité de réhabilitation psychosociale (URPS)

                                   EPSMR                                              tél. : 02 62 45 35 26

                                   42, chemin Grand Pourpier

                                   Saint-Paul

Notre équipe est à la disposition des médias pour toute communication

Des mini-conférences peuvent être organisées auprès des associations, entreprises et administrations qui le souhaiteraient

Pour toute demande de renseignement :

                        laisser un message au 02 62 45 35 11 (Dr Anne Cécile JANIN)

Associations et entreprises partenaires :

            ARFAMHP

Association réunionnaise des familles et amis des malades et handicapés psychiques

            ARERP

Association réunionnaise d’étude et de recherche en psychiatrie

            SMOI

Santé mentale océan indien

            AFP

Association française de psychiatrie

            ALVIRE

Association lieu de vie Réunion

            ARPPPOI

Association réunionnaise pour la psychiatrie, la psychothérapie et la psychanalyse dans l’Océan indien           

            Clinique les Flamboyants

 

Un pot vous sera offert à l’occasion de votre visite

Parking conseillé : près de l’ancienne gare routière

 

CONFERENCE

 

à l’occasion de la

 

17ème SEMAINE NATIONALE D’INFORMATION EN SANTE MENTALE

sur le thème « Santé Mentale dans la cité »

LUNDI 13 MARS 2006, Grand Hôtel des Mascareignes, Boucan Canot

                                               PRE-PROGRAMME

 

18H00 : Allocutions d’ouverture : Dr L. DENIZOT (président ARERP), Dr C.LASSALLE (médecin inspecteur DRASS)

18H15 : De l’expérience d’usager à celle de membre actif d’une association, Dr AC. JANIN (EPSMR)

18H30 : Les attentes d’une association de familles et d’usagers, Mme C. DAIGUEMORTE (ARFAMHP)

18H45 : Psychopathologie et Monde du travail, Dr J. ONDE-REZZI (SOMEPRO) 

19H00 : Pédopsychiatrie - adolescents : la rencontre problématique, Dr P. GIUSTINIANI (EPSMR)

19H15 : EXTRAIT DU SPECTACLE « FAIT ROSSE », Mr. N. GARO 

19H30 : PAUSE

20H00 : Les troubles bipolaires : information pour le dépistage et une meilleure prise en charge, Dr E. GOKALSING (EPSMR)

20H15 : Présentation de la Fédération de Réhabilitation et de Réinsertion psychosociales, Dr G. ONDE (EPSMR)

20H30 : Table ronde : « Les lieux de vie », avec Mme C. DAIGUEMORTE, Dr L. DENIZOT, Mr C. MELCHIOR (Conseil Général), Dr G. MOUTOU (EPSMR), Dr JF. REVERZY (GHSR)

21H15 : COCKTAIL DINATOIRE

 


Mardi 10 mai 2005

Dix-neuf étudiants se sont inscrits et suivent assidûment les enseignements: au programme :

 

 

 


Mercredi 5 janvier 2005

Le prozac aurait-il un vice caché?  Au lieu de calmer les mauvaises âmes les libèrerait-il ? D'accord, il ne faut pas mélanger les mondes et pratiquer l'amalgame...

Le fabricant du Prozac est accusé d'avoir caché des données inquiétantes
Selon le "British Medical Journal", des études internes suggèrent un lien entre l'antidépresseur et les passages à l'acte violent ou suicidaire.

Le laboratoire pharmaceutique américain Eli Lilly aurait été au courant, dès les années 1980, des effets secondaires inquiétants de leur médicament vedette, le Prozac, prescrit à près de 50 millions de personnes dans le monde, et aurait cherché à en minimiser les répercussions. Le British Medical Journal (BMJ) indique, dans son édition du 1er janvier 2005, avoir reçu d'une source anonyme des documents internes du laboratoire qui semblent établir un lien entre cet antidépresseur et des passages à l'acte violent ou suicidaire. Le journal les a transmis à la Food and Drug Administration (FDA), l'agence du médicament aux Etats-Unis.

Ces documents n'étaient pas connus lorsque s'est tenu aux Etats-Unis, en 1994, le retentissant procès Wesbecker, impliquant la fluoxétine, commercialisée sous le nom de Prozac. En 1989, Joseph Wesbecker, qui souffrait de longue date de dépression et placé depuis un mois sous Prozac, avait tué 8 personnes et en avait blessé 12 autres avant de retourner l'arme contre lui.

Les plaignants, ayants droit des victimes, ont tenté de prouver que l'antidépresseur avait joué un rôle déclenchant dans l'acte de Joseph Wesbecker et que le laboratoire Eli Lilly avait dissimulé des études défavorables à sa molécule. Après un verdict du jury favorable à Eli Lilly, le juge avait réussi à faire admettre à la firme qu'elle avait passé un accord secret d'indemnisation avec les victimes.

"ACCÈS D'EXCITATION MOTRICE"

Les documents reçus par le BMJ "paraissent suggérer un lien entre le médicament et les tentatives de suicide ou de violence", écrit Jeanne Lentzer, une journaliste indépendante new-yorkaise, dans l'hebdomadaire britannique. Un rapport du 8 novembre 1988 indique notamment que "38 % des patients sous fluoxétine signalaient des accès d'excitation motrice, contre 19 % pour les patients recevant un placebo, soit une différence de 19 % attribuable à la fluoxétine".

Le docteur Richard Kapit, rapporteur à la FDA du dossier d'autorisation de mise sur le marché du Prozac, a indiqué au BMJ qu'il n'avait pas eu connaissance de ces rapports. "Ces données sont très importantes. Si ce rapport a été fait par ou pour Lilly, la firme se devait de nous le transmettre et de le publier."

Un membre démocrate du Congrès, Maurice Hinchley, examine désormais ces documents afin de savoir si le laboratoire a délibérément dissimulé des données. De son côté, la firme pharmaceutique a réfuté, vendredi 31 décembre 2004, avoir dissimulé quoi que ce soit. "Lilly a systématiquement fourni aux autorités du médicament du monde entier les résultats de ses essais cliniques et des enquêtes de surveillance menées après la mise sur le marché du produit, y compris celle concernant la fluoxétine", a indiqué le laboratoire.

L'affaire survient alors que les agences du médicament viennent, non sans retard, de mettre en garde contre les prescriptions d'antidépresseurs chez les moins de 18 ans (Le Monde du 12 novembre 2004). Elle est à rapprocher d'un autre article du BMJ, le 11 décembre 2004 et sous la même signature, faisant état de documents confidentiels, émanant cette fois de Pfizer. Ils concernent la sertraline (Zoloft), un antidépresseur de la même famille que le Prozac, après l'assassinat de ses grands-parents par un adolescent américain traité par ce médicament.

Paul Benkimoun